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Jeudi 17 mai 2012 4 17 /05 /Mai /2012 07:56

 

Le Dauphiné Libéré

Plus de 20 ans après sa mort, l’innocence d’un exécuté démontrée

 Carlos DeLuna a été exécuté à la place d’un autre en 1989 au Texas, faute d’une enquête de police sérieuse, accuse un rapport publié aujourd'hui.

Il ressemblait comme deux gouttes d’eau à l’assassin, portait le même prénom et se trouvait près de la scène du crime au moment fatidique : Carlos DeLuna a été condamné à mort puis exécuté sur la seule foi de témoins oculaires, au mépris de tous les indices plaidant pour son innocence, affirme le professeur de droit James Liebman. Cet expert de la Columbia School of Law et cinq de ses étudiants ont enquêté pendant près de cinq ans sur un cas selon lui "emblématique" des erreurs judiciaires : l’affaire Carlos DeLuna, un Américain d’origine hispanique qui a été mis à mort à l’âge de 27 ans au Texas, au terme d’une "enquête expédiée et inachevée".

Wanda Lopez, une jeune mère célibataire hispanique, avait été poignardée dans la station-service où elle travaillait en 1983. Quarante minutes après le crime, Carlos DeLuna est arrêté non loin de la station-service. Il est identifié par le seul témoin direct, qui a vu un hispanique sortir de la boutique en courant. Mais il est fraîchement rasé, vêtu d’une chemise blanche et propre, à la différence du meurtrier, moustachu et habillé d’une chemise en flanelle grise, que le témoin direct avait décrit. D’autres témoignages se télescopent. DeLuna est interpellé à l’est tandis que le criminel a été vu s’enfuir vers le nord.

Il clame immédiatement son innocence et désigne Hernandez qu’il connaît et dit avoir vu entrer dans la station-service. Il affirme avoir pris la fuite car il avait bu et était en liberté conditionnelle.
Hernandez, connu pour ses attaques au cran d’arrêt, a été plus tard emprisonné pour le meurtre d’une femme avec un couteau identique. Mais au procès, le procureur a prétendu qu’Hernandez était le "fantôme de l’imagination de DeLuna". Le propre avocat de Carlos DeLuna, payé une somme modique, a jugé "probable que Carlos Hernandez n’ait jamais existé".
Pourtant, en 1986, un journal local a publié la photo d’Hernandez, au lendemain d’un article consacré à l’affaire DeLuna. Et "Hernandez a avoué à plusieurs reprises le meurtre" de Wanda Lopez, jusqu’à sa mort en prison d’une cirrhose du foie, précise M. Liebman.

Au terme d’une procédure "expresse", DeLuna est tué par injection létale en 1989 au Texas.
"Malheureusement, les failles du système qui ont conduit à la condamnation et à l’exécution par erreur de DeLuna continuent aujourd’hui d’envoyer des innocents à la mort", conclut un communiqué accompagnant le rapport.

 

Par Le Dauphine Libéré - Publié dans : Peine de mort - Communauté : Action des Chrétiens
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Jeudi 3 mai 2012 4 03 /05 /Mai /2012 18:14

APPEL URGENT - L'OBSERVATOIRE

 

Nouvelles informations

DZA 002 / 0412 / OBS 037.2

Condamnation / Harcèlement judiciaire / Libération

Algérie

3 mai 2012

 

L'Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de lHomme, programme conjoint de la Fédération internationale des ligues des droits de lHomme (FIDH) et de lOrganisation mondiale contre la torture (OMCT), a reçu de nouvelles informations et vous prie d’intervenir de toute urgence sur la situation suivante en Algérie.  

 

Nouvelles informations :

 

LObservatoire a été informé par la Ligue algérienne pour la défense des droits de l'Homme (LADDH) de la condamnation de M. Abdelkader Kherba, membre du Comité national de défense pour le droit des chômeurs (CNDDC) et de la LADDH.

 

Selon les informations reçues, dans la matinée du 3 mai 2012, le Tribunal de Sidi Mohamed, situé boulevard Abane Ramdane à Alger, a reconnu coupable M. Kherba d' «incitation directe à un attroupement» et l'a condamné à une peine d'un an de prison avec sursis accompagnée d'une amende de 20 000 DA. M. Kherba devait être libéré dans l'après midi du même jour, après près de 15 jours de détention arbitraire. En conséquence, M. Kherba risque à tout moment d’être condamné à exécuter sa peine en cas de nouvelle arrestation arbitraire. L'avocat de M. Kherba doit faire appel de ce jugement.

 

L'Observatoire condamne vivement cette condamnation qui ne semble viser qu'à sanctionner ses activités légitimes de défenseur des droits de l'Homme et appelle les autorités algériennes à abandonner toutes formes de poursuites arbitraires à l'encontre de M. Kherba et, plus généralement, à mettre fin au harcèlement judiciaire à l'encontre de l'ensemble des défenseurs des droits de l'homme en Algérie. 

 

Rappel des faits :

 

Le 18 avril 2012, au cours d'un sit-in organisé devant le Tribunal de Sidi Mohamed dans le cadre du mouvement de protestation des greffiers lancé dix jours auparavant, M. Abelkader Kherba a été arrêté par des agents des forces de sécurité d'Alger. La présence de M. Kherba à ce sit-in témoignait de son soutien aux revendications de ces travailleurs dénonçant les conditions de travail dans le milieu de la justice en Algérie. Alors que seul M. Kherba a été arrêté, les témoins de l'arrestation ont fait état du caractère brutal de cette dernière et souligné que sa caméra lui a été confisqué par les forces de sécurité.

 

M. Kherba a ensuite été transféré au commissariat de Cavaignac de la Grande Poste en attendant l'audience devant le procureur de Sidi Mohamed prévue le 19 avril à 10h30. Ce même jour, M. Kherba a comparu à deux reprises devant le parquet, comparutions au cours desquelles il a été interrogé sur les raisons de sa présence à la manifestation. Ses avocats et lui même ont finalement été notifiés de l'ouverture d'une procédure en flagrant délit sur les chefs d'incitation à un attroupement et de son placement en détention provisoire.

 

Par ailleurs, ont été soulignées les conditions procédurales particulièrement difficiles ayant entourées sa détention préventive. D'une part, la poursuite de la grève des greffiers a empêché à ses avocats tout accès au dossier judiciaire de M. Kherba ainsi que toute obtention d'un permis de communication avec le détenu. En outre, les procédures de flagrant délit sont, habituellement, très rapidement traitées. En l'espèce, l'écart d'une semaine entre la comparution devant le parquet et la date prévue du procès semblait constituer une prolongation volontaire de la durée de détention provisoire de M. Kherba.

 

Le 26 avril 2012, alors que plusieurs militants venaient assister au procès de M. Kherba afin de lui témoigner de leur soutien, ces derniers se sont vus refuser l'accès à la salle d'audience du Tribunal de Sidi Mohamed en violation du principe de publicité des débats. Seules les personnes convoquées dans le cadre de cette audience (avocats, prévenus et témoins) ont ainsi pu accéder au tribunal. Au cours du procès, le procureur a requis trois ans de prison ferme à l'encontre de M. Kherba pour «incitation directe à attroupement», «usurpation de fonction» et «entrave au fonctionnement d'une institution». En attendant le verdict, M. Kherba a été maintenu en détention provisoire.

 

En parallèle, un sit-in était organisé devant le tribunal par les militants pour dénoncer le harcèlement judiciaire subi par M. Kherba. Ce sit-in a été réprimé par les policiers qui ont, au cours de leur intervention, arrêté au moins sept personnes dont MM. Hakim Addad, Tahar Belabès, Mourad Tchiko, Abdou Bendjoudi et Yacine Zaïd. Tous ont été relâchés après avoir passé la journée dans différents commissariats d’Alger.

 

Actions requises:

 

LObservatoire vous prie de bien vouloir écrire aux autorités algériennes en leur demandant de :

 

i. Garantir en toutes circonstances lintégrité physique et psychologique de M. Abelkader, ainsi que de l'ensemble des défenseurs des droits de lHomme algériens ;

 

ii. Mettre un terme à toute forme de harcèlement, y compris judiciaire, à lencontre de M. Abelkader Kherba ainsi que de tous les défenseurs des droits de lHomme algériens, afin quils puissent mener leurs activités de défense des droits de lHomme librement et sans entrave ;

 

iii. Se conformer aux dispositions de la Déclaration sur les défenseurs des droits de lHomme, adoptée par lAssemblée générale des Nations unies le 9 décembre 1998, et plus particulièrement à:

-          son article 1 qui dispose que «chacun a le droit, individuellement ou en association avec dautres, de promouvoir la protection et la réalisation des droits de lHomme et des libertés fondamentales aux niveaux national et international»,

 

-          et son article 12.2, qui dispose que «l'État prend toutes les mesures nécessaires pour assurer que les autorités compétentes protègent toute personne, individuellement ou en association avec dautres, de toute violence, menace, représailles, discrimination de facto ou de jure, pression ou autre action arbitraire dans le cadre de lexercice légitime des droits visés dans la présente Déclaration» ;

 

iv. Plus généralement, se conformer aux dispositions de la Déclaration universelle des droits de lHomme et instruments régionaux et internationaux relatifs aux droits de lHomme ratifiés par lAlgérie.

 

Adresses:

·         M. Abdelaziz Bouteflika, Président de la République, Présidence, El-Mouradia, Alger, Algérie, Tél : 00 213 21 69 15 15; Fax : +213 21 69 15 95. E-mail : President@el-mouradia.dz

·        

·    Tel et fax OMCT : + 41 22 809 49 39 / 41 22 809 49 29

Par OMCT-FIDH - Publié dans : Detention
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Dimanche 29 avril 2012 7 29 /04 /Avr /2012 06:37

L'Observatoire: Communiqué conjoint: ALGÉRIE :

 25/04/2012
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COMMUNIQUE DE PRESSE CONJOINT
 
ALGÉRIE : Le harcèlement de ceux qui luttent pour les droits de l'Homme doit cesser !
 
Paris - Genève, le 25 avril 2012. L'Observatoire pour la protection des droits de l'Homme, programme conjoint de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), et le Réseau euro-méditerranéen des droits de l’Homme s'inquiètent de la détention arbitraire et du harcèlement judiciaire mené contre le défenseur des droits de l'Homme Abdelkader Kherba et, plus généralement, dénoncent le climat de répression judiciaire et administrative entourant l'action des défenseurs des droits de l'homme en Algérie, à l’heure où la campagne électorale pour les élections législatives est en cours.
 
Abdelkader Kherba, membre du Comité national pour la défense des droits des chômeurs (CNDDC) et de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l'Homme (LADDH), doit être jugé le 26 avril 2012 par le Tribunal de Sidi Mohamed pour « incitation directe à attroupement » en vertu de l’article 100 du Code pénal. M. Kherba est détenu depuis le 18 avril pour avoir assisté et filmé un sit-in organisé dans le cadre d'un mouvement social de protestation des greffiers portant sur les conditions de travail dans le milieu de la justice.
 
Sur décision du procureur, M. Kherba a été inculpé le 19 avril dans le cadre d'une procédure de flagrant délit. Les conditions procédurales sont d'autant plus préoccupantes que son placement en détention provisoire paraît avoir été délibérément prolongé. Cette durée abusive paraît ainsi traduire la volonté des autorités judiciaires d'entraver le libre exercice par M. Kherba de ses activités de défense des droits de l'Homme. De plus, ses avocats n’ont toujours pas eu accès au dossier.
 
En outre, le 24 avril, plusieurs participants de ce même mouvement de protestation qui tentaient de tenir un sit-in devant la présidence de la République ont été brutalement réprimés, causant de nombreux blessés, en particulier des femmes. Plus de 100 personnes ont été arrêtées et retenues jusqu’au soir.
 
Ces faits s'inscrivent, plus largement, dans un climat général de harcèlement judiciaire et administratif entourant l'action de celles et ceux qui revendiquent le respect des droits de l'Homme en Algérie. La liberté de manifestation est régulièrement entravée, en particulier dans la capitale où un dispositif policier encore plus important est déployé en cette période électorale. La participation à un rassemblement ou à une action de tractage vaut une journée au commissariat pour les militants algériens.
 
Ainsi, Hadj Aïssa Abbas et Mohamed Bouamer, représentants de la CNDDC de Laghouat, ont subi un harcèlement judiciaire pendant deux mois avant d’être finalement acquittés le 28 mars dernier. Malika Fallil, présidente du Comité des travailleurs du pré-emploi et filet social, et Tahar Belabès, porte-parole du CNDDC, ont été arrêtés à plusieurs reprises entre janvier et février au cours de rassemblements pacifiques. Plus récemment, le 14 avril, Abdou Bendjoudi, l'un des responsables du Mouvement des jeunes indépendants pour le changement (MJIC), a été agressé par un agent de police et retenu au commissariat de la rue Cavaignac avec 24 militants d’autres organisations, notamment SOS Disparus, parmi lesquels Fatima Yous, Djedjigua Cherguit, Hacene Ferhati et Slimane Hamitouche, à l'occasion d'un rassemblement organisé pour appeler au boycott des élections en raison des pratiques du Gouvernement contraires aux principes démocratiques et de justice sociale. Le 20 avril, cinq membres de l’association Rassemblement action jeunesse (RAJ), dont son président, Abdelouahab Fersaoui, ont été interpellés et interrogés au commissariat alors qu’ils se trouvaient sur la place de la Grande Poste d’Alger pour discuter avec un journaliste de la situation sociale et économique des jeunes en Algérie, 50 ans après l'indépendance.
 
« Plus d'un an après la levée de l'état d'urgence par un décret du 24 février 2011, la répression à l'encontre des défenseurs des droits économiques et sociaux s'intensifie, signe de la crainte des autorités de voir se lever un mouvement de protestation similaire à ceux qui ont touché plusieurs pays d'Afrique du Nord au cours de l'année 2011  », déclare Souhayr Belhassen, présidente de la FIDH.
 
« Le décret de levée de l’état d’urgence n’est qu’un faire valoir derrière lequel les entraves à l’exercice des libertés d'association et de réunion ainsi que les violations des droits des défenseurs se sont aggravées », ajoute Gerald Staberock, secrétaire général de l’OMCT. En effet, la nouvelle Loi n°12-06 du 12 janvier 2012 relative aux associations est extrêmement répressive, mettant notamment en place un régime d'autorisation préalable et imposant des restrictions importantes à la vie associative notamment en matière de financement et de coopération avec les organisations internationales. 
 
L'Observatoire et le REMDH dénoncent vivement le harcèlement judiciaire de M. Abdelkader Kherba et demandent sa libération immédiate et sans condition. L'Observatoire et le REMDH demandent en outre aux autorités algériennes de mettre un terme au climat de répression judiciaire et administrative entourant l'action des défenseurs des droits de l'homme en Algérie.
 
«  Nos organisations rappellent que les autorités doivent se conformer à tout moment aux dispositions de la Déclaration des Nations unies sur les défenseurs ainsi qu'aux instruments internationaux et régionaux de protection des droits de l'Homme ratifiés par l'Algérie », conclut Kamel Jendoubi, président du REMDH.
 
Nos organisations demandent, par ailleurs, aux organisations qui ont déployé des observateurs électoraux dans le pays, notamment la Ligue arabe, l’Union africaine, l’Union européenne et les Nations unies, d’appeler les autorités algériennes à mettre un terme aux actes de harcèlement à l’encontre des défenseurs des droits de l’Homme et aux violations des libertés d’expression, de manifestation pacifique et d'association.
 
Contacts:
·     FIDH : Karine Appy / Arthur Manet: +33 1 43 55 25 18
·     OMCT : Delphine Reculeau: +41 22 809 49 39
·     REMDH : Hayet Zeghiche: +32 2 503 06 86 
De :
observatoirefrancais@fidh-omct.org au nom de Observatory urgent appeals (Appeals@fidh-omct.org)
Envoyé :
mer. 25/04/12 18:05
À : Acat asile (plasse.bernard@hotmail.fr)
Par ACAT FRANCE - Publié dans : Torture - Communauté : Action des Chrétiens
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Lundi 23 avril 2012 1 23 /04 /Avr /2012 07:31

Amnesty International: La nouvelle constitution tunisienne doit résister à l’épreuve du temps

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Lundi, 16 Avril 2012 13:29
La nouvelle constitution tunisienne doit «consacrer véritablement les droits fondamentaux et les libertés» et être «un outil puissant et un instrument de référence pour prévenir les violations des droits humains», estime Amnesty International.

L’Assemblée nationale constituante (Anc) tunisienne doit saisir l’occasion qui lui est offerte avec l’élaboration de la nouvelle constitution pour éviter que ne se reproduisent les violations massives des droits humains qui ont eu lieu sous le régime de l’ancien président  Ben Ali, a indiqué Amnesty International dans un document d’une quarantaine de pages publié le 12 avril.
L’organisation s’adresse aux membres de l’Anc et leur demande d’inclure dans la nouvelle constitution une série de dispositions permettant de garantir les droits humains et le respect par la Tunisie de ses obligations au regard des traités internationaux.
«L’Assemblée a l’occasion unique d’inscrire dans la constitution le grand dessein de la Tunisie nouvelle, un dessein fondé sur le respect des droits humains et de l’Etat de droit et prenant en compte les aspirations des Tunisiens à la liberté, la dignité, l’égalité et la justice sociale, a déclaré Hassiba Hadj Sahraoui, la directrice adjointe du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord (Mena) d’Amnesty International.
«Face à la poursuite des restrictions à la liberté d’expression et après les violences perpétrées ces jours derniers par des policiers contre des manifestants pacifiques, il apparaît de manière encore plus évidente que les responsables chargés d’élaborer le projet de constitution doivent démontrer une ambition forte, celle de concevoir un texte qui résistera à l’épreuve du temps et qui fera de la Tunisie un leader régional dans le domaine de la protection des droits humains.»
Un grand nombre de personnes ont été blessées le 9 avril dans le centre de Tunis lorsque les forces de sécurité sont intervenues à coups de matraque et avec des gaz lacrymogènes pour disperser des protestataires qui, bravant l’interdiction de manifester dans le quartier édictée le 28 mars par le ministère de l’Intérieur, voulaient défiler dans l’avenue Bourguiba à l’occasion de la fête des Martyrs. Plusieurs journalistes et militants de la société civile ont également été brutalisés.
Élue à la fin de 2011, l’Anc travaille actuellement sur le projet de constitution, dans un contexte marqué par de nombreux rassemblements par lesquels les Tunisiens tentent de peser sur le contenu du document. La Tunisie est le premier pays de la région à élaborer une nouvelle loi fondamentale après les soulèvements de 2011.
La précédente constitution, qui datait de 1959, contenait certes quelques dispositions en matière de droits humains; elle avait toutefois été modifiée à plusieurs reprises sous le régime Ben Ali, dans un sens qui avait permis au président d’accroître son pouvoir tout en faisant adopter des changements de pure forme.
Il est essentiel, a déclaré Amnesty International, que la nouvelle constitution établisse la séparation des pouvoirs, la non-discrimination, l'égalité de tous devant la loi, les garanties fondamentales en matière de droits humains – comme la protection contre la torture et la détention arbitraire –, les garanties en matière de justice et l’indépendance du pouvoir judiciaire.
L’Anc dispose aussi d’une occasion unique de répondre aux aspirations des millions de Tunisiens qui sont descendus dans la rue en 2011 pour réclamer le respect de leur dignité et la garantie dans la constitution de leurs droits économiques, sociaux et culturels, a ajouté l’organisation.
«Nous savons bien qu’une nouvelle constitution ne pourra à elle seule prévenir totalement les violations des droits humains, a indiqué Hassiba Hadj Sahraoui. Il faudra une volonté politique forte pour défendre les droits énoncés dans le texte, quel qu’il soit.
«Mais une constitution qui consacre véritablement les droits fondamentaux et les libertés sera un outil puissant et un instrument de référence pour prévenir les violations des droits humains.»

Source : Amnesty International

Publié dans : Droits Humains
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Mercredi 18 avril 2012 3 18 /04 /Avr /2012 06:56
 

 

 

Les chrétiens du Nord protégés des islamistes par des musulmans

Sous la menace directe des islamistes, les chrétiens du nord du Mali ont été protégés par la solidarité de leurs voisins musulmans.

 

Avec cet article

 

« Nous, les chrétiens du Nord, nous avons été pourchassés par des islamistes et nous avons été sauvés par les musulmans », déclare avec force Pierre, un catholique malien travaillant au sein d’une structure humanitaire de Gao, réfugié depuis une semaine à Bamako. 

« Je vivais à Gao depuis sept ans, dit-il. Les relations entre les chrétiens et les musulmans n’étaient pas spécialement conflictuelles. Seule une minorité étaient animés de mauvais sentiments à notre égard : ils nous jetaient des pierres lorsque nous faisions notre chemin de croix à l’extérieur de l’église. La police devait intervenir pour nous protéger. »

Tout a basculé le jour où les rebelles ont pris Gao, le 31 mars. C’est le début de la grande peur pour les 300 chrétiens de la communauté de Gao. « En quelques heures, les islamistes ont balayé notre paroisse. Nous n’avions jamais vu cela depuis l’implantation de l’Église dans cette ville, il y a cent ans », se désole un autre fidèle.

La Mission catholique forcée

Les témoignages des déplacés racontent la même histoire : à peine la ville tombée, un groupe de djihadistes force la mission catholique et réclame les prêtres : « Nous sommes venus pour les égorger », disent-ils. Alertés, prêtres et religieuses ont pu fuir à temps.

« Les djihadistes s’en sont alors pris à tous les signes catholiques : à commencer par l’église, mais aussi l’école Sainte-Geneviève, le dispensaire, la crèche et la bibliothèque de la mission catholique… Ils étaient en rage », se souvient Pierre, qui poursuit : 

« On m’a appelé pour m’occuper de 13 femmes, allongées sur une charrette, en sang : toutes travaillaient dans des bars où l’on vendait de l’alcool. En général, ils sont tenus par des chrétiens. Elles avaient toutes été violées. Nous les avons soignées comme nous avons pu et nous les avons embarquées dans le premier car pour Mopti. Depuis, je ne suis plus rentré dans ma maison. J’avais peur d’être ciblé comme chrétien. »

La tension monte avec l’arrivée d’islamistes étrangers

Un réflexe partagé par les chrétiens de la ville : « Comme la plupart d’entre nous, j’ai trouvé refuge chez un ami musulman. Le chef du quartier nous a demandé de nous fondre dans la population et de porter un turban à la manière des Tamachèques (les Touaregs noirs), explique Pierre. Dans la journée, je sortais habillé ainsi avec un ami. Les barbus cherchaient les militaires en civil, les fonctionnaires, les chrétiens et les voleurs. Tous ceux qu’ils dénichaient, ils les tuaient. Par la grâce de Dieu, aucun chrétien n’a été attrapé parce qu’il était chrétien. »

Jean, fonctionnaire dans Gao depuis plus de dix ans, a vécu le même calvaire : « Je circulais dans toute la région comprise entre Gao et Kidal. Mes relations avec les salafistes étaient plutôt courtoises. Cela a commencé à se durcir avec l’arrivée, à la fin des années 2000, de salafistes arabes, yéménites, qatariens ou saoudiens… je ne sais pas exactement. Lorsque Iyad Ag Ghaly, le leader du groupe islamiste Ansar Dine, est revenu d’Arabie saoudite, en 2010, le mouvement salafiste s’est amplifié. Tout s’est dégradé avec l’arrivée des mercenaires maliens après la chute de Kadhafi. »

« À partir du 17 janvier, continue Jean, les événements se sont enchaînés à une vitesse incontrôlable. Comme des dominos, les villes tombaient les unes après les autres : Aguelhock, Ménaka, Léré, Tessalit, Kidal, Gao… Nous étions prisonniers dans la ville, à la merci des plus fous, qui ont violé les filles et la femme de notre gardien et tout volé. Nous avons frappé à la porte d’un ami musulman qui nous a cachés pendant trois jours. »  

Des églises saccagées autour de Tombouctou

Aujourd’hui, Jean vit avec son épouse chez l’un de ses enfants à Tombouctou. En aucun cas il ne souhaite retourner à Gao. Pierre, de son côté, est pris en charge à Bamako, par la structure humanitaire pour laquelle il travaillait dans le Nord.

À Tombouctou, où les chrétiens sont entre 300 et 400, il n’y a pas eu de destruction d’édifices religieux. « En revanche, assure l’un des pasteurs de la ville, les églises de Dirée, à 80 km de Tombouctou, et de Nianfinké, à 180 km de la ville, ont été saccagées. »  

Lorsque les Touaregs du MNLA ont pris Tombouctou, comme leur revendication était politique, les chrétiens pensaient n’avoir rien à craindre. « Mais quand nous avons constaté que la ville était aussi occupée par Ansar Dine, Aqmi, des anciens du FIS algérien, des mercenaires tchadiens, nous avons commencé à avoir très peur. D’autant qu’ils ont instauré la charia, continue le pasteur. Les salafistes ont fait passer le message suivant : ceux qui ne sont pas d’accord avec la charia n’ont qu’à quitter la ville. »

Aide spontanée des habitants de Bamako

Avec 180 chrétiens de Tombouctou et de Gao, le pasteur a trouvé refuge dans la mission protestante de Bamako. Ils sont pour l’heure soutenus par les Églises protestantes, l’archevêché catholique de Bamako et les Maliens du quartier « Ils sont tous musulmans. Ils nous apportent des vêtements, de la nourriture, de l’argent, spontanément », souligne ce pasteur de Tombouctou.

Plus au nord, à Kidal, où l’on comptait une communauté de 20 catholiques, aucun n’a été tué ni molesté, selon tous les témoignages recueillis. L’un d’eux, Théophane, un commerçant d’une trentaine d’années, raconte : « Aussitôt que les barbus se sont emparés de la ville, ils ont tué tous les militaires et les fonctionnaires qu’ils trouvaient. Une rumeur disait qu’ils cherchaient aussi les chrétiens. Tout le monde me connaissait et personne ne m’a dénoncé. J’ai quitté la ville dès que j’ai pu. Ici, à Bamako, je suis accueilli chez mon ami Ibrahim depuis une semaine. Sans lui, je serais à la rue », conclut Théophane. 

Interrogé sur la raison pour laquelle Ibrahim a ouvert sa maison, pourtant modeste, ce dernier répond simplement : « L’amitié n’est pas donnée pour une journée mais pour toujours. »

 

Laurent Larcher à BAMAKO

Par Laurent Larcher à BAMAKO - Publié dans : Persécutions - Communauté : Action des Chrétiens
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Mercredi 14 mars 2012 3 14 /03 /Mars /2012 07:27

YEMEN – Migrants africains torturés par des trafiquants d’êtres humains jusqu’au paiement de leur rançon

Agenzia Fides , le 12 mars 2012  

 

 

 



Hajjah (Agence Fides) – La découverte de 70 hommes et femmes maltraités, retenus prisonniers à Hajjah, une zone reculée du gouvernorat du Yémen, dans les environs de la frontière saoudienne, a provoqué une enquête sur la torture et l’extorsion dont sont victimes les immigrés africains de la part de bandes de criminels. Selon les autorités locales, les personnes en question, appartenant aux ethnies Omoro et somalienne de la région éthiopienne somalienne, ont été retenues prisonnières en sous-vêtements dans une maison servant de base à des trafiquants d’êtres humains dans la zone de Sharqia de la ville d’Haradh. Certains d’entre eux sont parvenus à s’enfuir, en escaladant les hauts murs d’enceinte, donnant l’alarme et indiquant aux autorités avoir été sauvagement frappés par leurs ravisseurs à l’aide de tubes, avoir subi des brûlures de cigarettes et d’autres atrocités. Nombre des victimes, selon le responsable du District de Sécurité d’Haradh, cherchaient un emploi en Arabie Saoudite mais sont par la suite tombés entre les mains de criminels qui, pour les libérer, réclamaient des milliers de dollars de rançon. Les immigrés continuent à être torturés jusqu’au moment où leurs familles paient ou jusqu’à l’arrivée de nouveaux immigrés dans les filets des criminels.
Selon un récent rapport du Ministère de l’Intérieur, de janvier 2011 à février 2012, 170 africains ont été tenus prisonniers, torturés et maltraités par des bandits à Haradh. Les victimes sont 91 jeunes hommes, 10 femmes, 50 enfants et 19 hommes âgés, souvent frappés et malmenés jusqu’à leur provoquer la perte de la vue ou de l’ouie. La police d’Haradh a arrêté deux suspects qui retenaient en détention respectivement 49 et 79 clandestins éthiopiens. Un autre groupe de 20 femmes éthiopiennes courant le risque d’être torturées et violées continue à être recherché. Le viol est l’une des méthodes les plus répandues de torture. Selon les témoignages, il semble que la majeure partie des 3.000 femmes tenues prisonnières à Haradh au cours de l’année passée aient été violées plusieurs fois alors même que certaines étaient enceintes. D’autres victimes ont été mutilées sur différentes parties du corps (yeux, dos, jambes…) outre à être défigurées… Suite à d’autres recherches, le district de sécurité d’Haradh a identifié d’autres centres de détention dans des villages hors de la ville. Selon l’Organisation internationale pour les Migrations, malgré le mécontentement diffus enregistré l’an dernier au Yémen, on a connu une augmentation de près de 100% du nombre des éthiopiens provenant de la Corne de l’Afrique, nombre qui est passé de 34.422 en 2010 à plus de 65.000. De son côté, le Haut Commissariat des Nations unies pour les Réfugiés a déclaré que chaque année, entrent illégalement à Haradh de 10.000 à 15.000 immigrés et ce le long de la côte occidentale du Yémen.

(AP) (Agence Fides 12/03/2012)

Chrétienté info

Par (Agence Fides 12/03/2012) - Publié dans : Persécutions
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Mercredi 14 mars 2012 3 14 /03 /Mars /2012 06:14

Publication La VIE.fr La lettre du Mardi

Moyen-Orient

Sari Nusseibeh : "Palestine et Israël, deux Etats sur un même territoire"

Alors que de nouvelles violences sont réapparues ce week-end en Israël-Palestine, nous avons interrogé Sari Nusseibeh, président de l'université Al-Quds (la seule université arabe de Jérusalem), profondément engagé dans la recherche d'une résolution pacifique au conflit israélo-palestinien. Pour lui, la solution est d'instituer deux Etats sur le même territoire.

Des Palestiniens constatent les dégâts de leur maison après le raid aérien de l'armée israélienne à Gaza, le 10 mars © Mohammed Abed / AFP

Des Palestiniens constatent les dégâts de leur maison après le raid aérien de l'armée israélienne à Gaza, le 10 mars © Mohammed Abed / AFP

 

Un nouveau cycle de violence semble avoir commencé en Israël Palestine. La mort, vendredi 9 mars, du chef des Comités de résistance populaire (CRP), un mouvement qui prône la lutte armée contre Israël, tué lors d'un "assassinat ciblé" mené par l'armée israélienne dans la Bande de Gaza, a entraîné une riposte palestinienne. Plus d'une centaine de roquettes ont été tirées de Gaza vers le territoire israélien. La réaction israélienne qui a suivi a provoqué la mort de 21 palestiniens.

Pourtant, certains continuent d'imaginer des solutions au conflit. Nous avons ainsi choisi de donner la parole à Sari Nusseibeh, professeur de philosophie arabe médiévale et président de l'université Al-Quds, la seule université arabe de Jérusalem. Profondément engagé dans la recherche d'une résolution pacifique au conflit israélo-palestinien, ce Palestinien a publié l'année dernière un livre intitulé What is a Palestinian State worth ? (A quoi bon un Etat palestinien ?) qui a fait grand bruit. Il vient de publier en France Une allumette vaut-elle toute notre philosophie ? (Flammarion, 16 euros).

Sari Nusseibeh développe dans ces deux livres l'idée que les deux parties auraient peut-être intérêt à trouver un compromis en permettant aux Palestiniens d'obtenir un statut de résidents en Israël. En contrepartie, ceux-ci n'y jouiraient pas des droits politiques. Arrêtons de gloser, dit-il, sur une solution définitive qui contenterait tout le monde mais essayons d'améliorer les conditions de vie de chacun. Pour lavie.fr, Sari Nusseibeh va plus loin et nous décrit sa vision du vivre ensemble entre les deux communautés : un condominium, soit deux Etats sur un même territoire.

Pourquoi proposez-vous cette solution, aujourd'hui ?

La solution des deux Etats géographiquement séparés n'est plus réalisable aujourd'hui. Plusieurs raisons expliquent cela. La principale est qu'un fossé s'est creusé entre cette idée et la réalité du terrain. L'Etat palestinien devrait être défini selon la ligne de 1967 avec Jérusalem-Est comme capitale. Or, il y a aujourd'hui 500 000 colons israéliens, vivant en Cisjordanie et à Jérusalem-Est. Cette réalité est difficile à changer. Ce serait fou d'ailleurs de demander à tous ces gens de partir. Les colons ont appris à considérer cette terre comme la leur, des enfants y sont nés. Même chose pour Jérusalem-Est. Il est aujourd'hui impossible d'en faire la capitale palestinienne. Nous sommes dans une impasse. Alors, que faisons nous ? Si nous laissons faire, les choses vont empirer. Peut-être pouvons-nous partir de l'existant et transformer une situation mauvaise en quelque chose de bon ?

Mon avis est qu'il faut revenir au plan de partage de la Palestine des Nations Unies de 1947. A cette époque, l'ONU avait organisé un comité spécial chargé de trouver des solutions pour la Palestine. Celui-ci était composé de 11 Etats membres. Le résultat de leur discussion fut l'idée du partage. Mais trois d'entre eux n'étaient pas d'accord et prônaient la création d'une fédération, d'un condominium. Il s'agissait de la Yougoslavie, de l'Iran et de l'Inde qui ont exposé leur point de vue dans un rapport, le "plan des minoritaires". Ce n'est pas un hasard si l'Inde faisait partie des réfractaires. Les Britanniques à cette époque poussaient les Indiens à la division du pays. Mais les Indiens et, Gandhi en premier lieu, étaient convaincus qu'il était possible pour les musulmans, les sikhs et les hindous de vivre ensemble. L'idée n'est pas nouvelle.

Qu'entendez-vous concrètement par condominium ?

Il ne s'agit pas de la solution d'un seul Etat, car, malheureusement, ni les Israéliens ni les arabes ne le désirent. Chacun veut son propre cadre politique. Donc, la question à un million de dollars est celle-ci : ne pourrait-on pas imaginer, dans le futur, deux Etats coexistants au sein du même pays ? Deux peuples vivants sur un seul territoire mais liés à deux ordres politiques différents. Soit, un condominium dont les fondements seraient l'égalité entre les deux peuples et la liberté, pour chacun. Deux principes qui constituent le fondement moral et éthique de n'importe quel Etat. Il s'agirait d'une forme particulière de fédération, dans laquelle il y aurait un Etat auquel les juifs pourraient s'identifier avec un gouvernement qui s'occuperait de leurs problèmatiques spécifiques. Et un autre Etat pour les Palestiniens. Mais les prérogatives de ces deux Etats se croiseraient. Ensemble, les deux Etats géreraient ainsi les domaines importants pour les deux peuples comme le tourisme, une source importante de revenu, l'eau, ou l'électricité, etc. Ce schéma serait reproduit au niveau local dans les villes dont la population est mixte, comme Haïfa ou Nazareth, où certains domaines seraient gérés en coordination et d'autres séparés, comme les fêtes religieuses. Ce serait alors du gagnant-gagnant.

Qu'en pensent les Palestiniens et les Israéliens ?


Ils ne sont, bien sûr, pas encore prêts à accepter cette idée. Les deux peuples sont prisonniers de ce que j'appelle des paradigmes préexistants. Les Juifs veulent un Etat juif et en ont une image précise. Les Palestiniens veulent leur Etat national. Or, tout le monde a essayé d'y parvenir, mais nous avons tous échoué ! Nous devons nous confronter aujourd'hui à cet échec. Il faut désormais sortir de ces prisons mentales et nous poser la bonne question : A quoi sert un Etat ? Quel est son but ? De mon point de vue, l'Etat est un moyen et non une fin en soi. Il est un outil pour nous donner une vie meilleure : travailler, envoyer nos enfants à l'école, enrichir nos vies. Si nous sommes d'accord avec cela, cette solution ne peut pas être un problème.

Paradoxalement, Je pense qu'à l'avenir, cette idée pourrait attirer davantage de personnes que la solution des deux Etats géographiquement séparés. Je pense à tous ceux pour qui la notion de territoire est plus importante que celle d'Etat. Comme... la droite israélienne et les colons ! mais aussi du côté palestinien, les réfugiés qui ont dû quitter leur maison et rêveraient de revenir. Avec deux Etats séparés, la question du droit au retour des réfugiés palestiniens est impossible à régler. Alors que le condominium ouvre des possibilités jusqu'ici inexplorées.

La principale inquiétude des Israéliens sera bien sûr la sécurité. L'Etat palestinien, au sein de ce condominium, devra s'engager à ne pas nouer d'alliance avec les ennemis jurés d'Israël. Pour ce qui est de l'armée, je pense qu'il faut que celle-ci reste le domaine de l'Etat israélien, même si, selon moi, l'escalade sécuritaire est une erreur. Ce n'est qu'en établissant des relations saines avec nous les Palestiniens qu'Israël obtiendra un jour une sécurité durable.

Combien d'années seraient nécessaires pour y arriver ?

Vais-je le voir de mon vivant ? Je ne sais pas. L'important est d'y aller progressivement. Il faut bien sûr une feuille de route. Doucement, développer l'Autorité palestinienne et la renforcer tout en donnant aux Palestiniens des droits civils basiques, la liberté de circulation, d'expression. Mais attention, je ne prétends pas détenir LA solution. Je crois que face à l'impasse, de nouvelles idées doivent jaillir et se répandre. Peu à peu, Il faut que les gens se saississent de cette idée, la combinent avec d'autres propositions.

N'est-ce pas une façon d'entériner l'annexion de la Cisjordanie par Israël ?

Si cela revient à une forme de capitulation morale ? Au contraire, je pense que cette approche est moralement plus forte puisqu'elle s'appuie sur l'idée que l'humain peut changer le cours de son destin. Face à l'obstacle, il faut le contourner, le transcender. Si les Palestiniens s'engagent dans cette voie, il feront la preuve de leur force morale.

Pour aller plus loin

Faiseurs de paix, le blog d'Anne Guion

 
 
118 mardi 13 mars 2012
 
118 mardi 13 mars 2012
Par Anne Guion
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Lundi 5 mars 2012 1 05 /03 /Mars /2012 14:10

Information de La Cimade

 

02 mars 2012

Un nouveau mécanisme pour perfectionner la machine à fabriquer des clandestins

 

110 euros pour avoir le droit de déposer une demande de titre de séjour ! C’est ce qu’exige depuis le 29 décembre 2011 l’administration vis-à-vis des étrangers qui sont entrés sans visa, avec le mauvais visa ou qui sont en situation irrégulière. 

Bien sûr, en cas de refus de la demande puis d’expulsion, cette somme ne sera pas remboursée. 

Ainsi, pour dissuader encore un peu plus les étrangers de régulariser leur situation, le gouvernement a choisi une nouvelle arme : l’augmentation des taxes. En effet, une personne étrangère qui obtient un titre de séjour « travail » peut désormais payer jusqu’à 240 € contre 70 auparavant ! Et en tout, pour une première demande, une personne étrangère peut devoir débourser jusqu’à 708 € ! 

Après les files d’attente interminables, le manque d’information ou l’exigence de pièces arbitraires, l’augmentation vertigineuse du prix d’un titre de séjour devient un nouvel obstacle pour obtenir des papiers. Face à cette nouvelle exigence, on peut craindre que nombreux seront ceux et celles préférant vivre cachés plutôt que de parier régulariser leur situation au risque de se faire expulser voire interdire de territoire et perdre 110 € !

En effet, la Cimade avait déjà pu constater l’effet dissuasif d’une telle taxe non-remboursable sur les visas lors d’une enquête auprès des consulats. Les personnes désirant venir en France doivent payer respectivement 60€ ou 99€ pour déposer une demande de visa court ou long séjour, non remboursable en cas de refus. Et la mise en place de cette taxe a coïncidé avec une chute significative de la demande de visas (chute de la demande de 20% entre 2002 et 2004).

La même logique semble guider la récente décision gouvernementale d’augmenter les taxes pour les demandes de titre de séjour. Diminuer le nombre de demandes est en effet une façon efficace de réduire le nombre de titres de séjours délivrés, au bénéfice des objectifs affichés.

L’augmentation des taxes, un nouveau mécanisme ajouté à la machine à fabriquer des clandestins. 

> Pour en savoir plus voir  « Entrée, séjour, dissuasion à tous les étages »,

interview de Marie Hénocq, responsable de la commission migrants à La Cimade. 

Photo : Jean Larive

Par Marie Hénocq - Publié dans : Réflexion - Communauté : Action des Chrétiens
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Jeudi 1 mars 2012 4 01 /03 /Mars /2012 07:20

Auteur de l'article : LDH

Lettre ouverte à Benyamin Netanyahu au sujet de Khader Adnan

Lettre commune de l’Acat France, d’Amnesty international France, de l’Association France Palestine Solidarité et de la Ligue des droits de l’Homme

Monsieur le Premier Ministre ,

 

C’est dans l’urgence que nous intervenons auprès de vous au sujet de Khader Adnan, un Palestinien arrêté le 17 décembre 2011 à son domicile, en Cisjordanie occupée, vers 3h30 du matin. Le 10 janvier, après de multiples interrogatoires violents, un commandant militaire a signé son ordonnance de placement en détention administrative, sans l’informer des charges retenues contre lui ni lui permettre de contester toute preuve retenue contre lui. Depuis le 18 décembre, Khader Adnan a entamé une grève de la faim afin de protester contre ses conditions de détentions et contre la pratique de la détention administrative. Ce régime spécial permet actuellement aux autorités israéliennes de retenir prisonniers plus de 300 Palestiniens, durant une période renouvelable indéfiniment, sans qu’ils ne bénéficient de procès.

L’état de santé de Khader Adnan, récemment transféré dans un hôpital sur le territoire israélien, est jugé très critique. L’administration pénitentiaire israélienne l’a enchaîné à son lit d’hôpital et a refusé de lui permettre de rencontrer en privé ses médecins, son avocat et sa famille. Durant une audition récente, un juge militaire israélien a maintenu l’ordre de détention administrative, jugeant que son état de santé était « acceptable » ceci après plus de 60 jours de grève de la faim alors que les médecins ont averti que sa vie était en danger.

La détention administrative, pratique équivalant à une détention arbitraire, constitue une violation grave du droit international en contrevenant au droit à la liberté et à la sécurité de sa personne et au droit à un procès équitable, garantis notamment par les articles 9 et 14 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques ratifié par Israël.

Étant donné le caractère critique de la situation qui met en péril la vie de M. Khader Adnan et au regard de l’illégalité de sa détention, nous vous demandons, Monsieur le Premier Ministre, de bien vouloir intervenir de toute urgence afin de mettre un terme à la détention administrative de Khader Adnan qui doit, comme tous les prisonniers détenus sous ce régime, être immédiatement libéré ou inculpé d’une infraction reconnue par le droit international et jugé dans le respect des normes internationales d’équité.

Dans l’attente de votre action, nous vous prions de croire, Monsieur le Premier Ministre, en l’expression de nos salutations respectueuses.

 

François Walter
Président de l’Acat France

 

Stephan Oberreit
Directeur général d’Amnesty international France

 

Pierre Tartakowsky
Président de la Ligue des droits de l’Homme

 

Jean-Claude Lefort
Président de l’Association France Palestine Solidarité

Par LDH - Publié dans : Libération - Communauté : Action des Chrétiens
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Mardi 28 février 2012 2 28 /02 /Fév /2012 12:41
 
 

 

 

 

Perspectives

 

Haïti-Droits humains : La Pohdh interpelle les autorités sur de nombreuses violations…

à la veille de l’examen périodique universel (Epu), le 16 mars 2012 à Genève
lundi 27 février 2012

 

   +

 

Reconnaissance de la cour pénale internationale, la ratification de la convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, vote de lois d’application sur les droits économiques, sociaux et culturels figurent parmi les recommandations de la plateforme des organisations haïtiennes de droits humains…

P-au-P, 27 févr. 2012 [AlterPresse] --- La plateforme des organisations haïtiennes de défense des droits humains (Pohdh) a présenté, le 24 février 2012, certaines recommandations autour de la prise de position d’Haïti aux débats généraux du conseil des droits humains dans le cadre de l’examen périodique universel (Epu) à Genève (Suisse) le 16 mars prochain.

La Pohdh entend informer et encourager l’État haïtien à accepter le maximum de recommandations, dont la reconnaissance de la cour pénale internationale, la ratification de la convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.

La convention internationale sur la protection des droits de toutes les travailleuses et de tous les travailleurs migrants et des membres de leurs familles, le protocole facultatif à la convention relative aux droits de l’enfant, qui concerne la vente d’enfants, la prostitution des enfants et la pornographie mettant en scène des enfants, sont aussi sur la liste des conventions à adopter en Haïti.

La Pohdh recommande au parlement de voter la loi sur l’éducation, des lois d’application sur les droits économiques, sociaux et culturels. La plateforme des organisations haïtiennes de droits humains demande au gouvernement d’implanter un ministère des droits humains, chargé d’appliquer les recommandations du conseil des droits humains de l’organisation des Nations Unies (Onu).

Considéré comme une feuille de route pour les États membres de l’Onu, l’examen périodique universel a pour objectif d’accompagner les États dans le respect de leurs obligations en tant que membres de la grande famille des Nations Unies.

Or, « le président [Michel Joseph] Martelly a mis dans ses priorités l’État de droit, pourtant c’est le contraire dans la réalité », signale le secrétaire exécutif de la Pohdh, Antonal Mortimé.

En guise d’exemples, le fonds national de l’éducation (Fne) a été créé sans un cadre légal, le budget national n’est pas encore voté par les deux branches du parlement jusqu’à date (fin février 2012). Le budget de l’université d’État a été réduit de plus de la moitié, alors que la présidence affirme mettre l’éducation en priorité dans les actions de la nouvelle administration politique, énumère la Pohdh.

« L’une des caractéristiques de l’État de droit, c’est le changement régulier du personnel politique selon le vœu de la Constitution [du 29 mars 1987]. Mais, le président vient de passer près de dix mois [depuis le 14 mai 2011] et le gouvernement près de quatre mois [depuis le 18 octobre 2011] sans jamais parler d’élections sénatoriales ».

« Dans l’État de droit, ce n’est pas un système présidentialiste qui est établi, mais de préférence un équilibre entre les trois pouvoirs. Or, jusqu’à maintenant, le conseil supérieur du pouvoir judiciaire n’est pas encore mis sur pied », ajoute la Pohdh.

Le 13 octobre 2011, Haïti a passé l’examen Périodique Universel devant le conseil des droits humains des Nations Unies.

C’était l’occasion pour les quarante-sept (47) États membres du conseil de produire des recommandations aux dirigeantes et dirigeants d’Haïti, en vue, notamment, de renforcer le cadre légal en matière du respect et de la protection des droits humains dans le pays.

Un ensemble de 136 recommandations a été soumis à l’État haïtien.

Faute de la présence des hautes autorités des trois pouvoirs de l’État Haïtien, le conseil a renvoyé les débats généraux sur la situation d’Haïti pour le 16 mars 2012. [jep kft rc apr 27/02/2012 8:40]

Perspectives

 

Par Alter Presse
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